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Le choix musical de RFI

Music Podcasts

Du lundi au vendredi, chaque matin, un journaliste vous parle des artistes qui font l’actualité des musiques de l’espace francophone, de l’Afrique et de ses diasporas. Vous pourrez y entendre plus largement des musiques du monde et du Sud, des...

Location:

United States

Description:

Du lundi au vendredi, chaque matin, un journaliste vous parle des artistes qui font l’actualité des musiques de l’espace francophone, de l’Afrique et de ses diasporas. Vous pourrez y entendre plus largement des musiques du monde et du Sud, des musiques actuelles et urbaines qui sont au cœur de l’identité de RFI. Diffusion 8h50, heure de Paris, 7h50 TU.

Language:

French


Episodes
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F&AM: dérive en eaux vives avec «Halage»

4/21/2026
Halage, huitième album de F&AM, poursuit l’aventure d’une pop d’avant-garde, signature du projet de François Marry. Derrière ce nom F&AM (Frànçois And The Atlas Moountains), se cache un nomade. Originaire des rives de la Charente-Maritime, François Marry traverse la Manche et pose ses valises dès 2003 à Bristol, ville portuaire du Royaume Uni, port d’attache du trip hop. Peintre a ses heures, il passe de l’ombre d'assistant de français, à une écriture musicale fusionnant chanson française ciselée et inflexions anglo-saxonnes expérimentales. Chanteur, auteur, compositeur, il bâtit un univers mouvant, nourri de déplacements et de frottements culturels. En 2011, il devient le premier artiste français signé chez Domino Records, label culte qui a vu émerger Arctic Monkeys ou Franz Ferdinand. Depuis, il enchaîne les tournées entre Europe, Afrique et États-Unis, consolidant une trajectoire résolument transfrontalière. Avec Halage, le français, revient à un élément matriciel : l’eau. Pour cette nouvelle odyssée aquatique, le trio s’est entouré d’un équipage complice et de voix invitées. Libre comme l'air, vif comme le courant, l’album se laisse traverser par les rencontres : Clara Luciani vient habiter « Rappelle-toi » d’une douceur spectrale, tandis que « L’Homme à la rivière » réinvente en français le « River Man » de Nick Drake, porté par la magnétique chanteuse Libanaise, Yasmine Hamdan. Halage porte bien son nom : disque de circulation, où s’entrelacent êtres, pays, paysages sonores et nature. Dix titres comme autant de dérives au fil des canaux paisibles, entre lyrisme liquide et tension flottante. Halage, sortie le 3 avril 2026. Concert en Suisse le 30 avril, puis tournée française jusqu’en juillet.

Duration:00:07:08

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«Le sens du courant» de Johanna Baget, au fil de l'eau et des émotions

4/20/2026
La chanteuse et guitariste française Johanna Baget dévoile son deuxième album, Le sens du courant. Après un premier opus minimaliste en guitare-voix paru en 2022, elle revient avec une proposition plus ample, entourée de musiciens. Accordéon, clarinette, cordes et percussions viennent envelopper sa voix et ses arpèges de guitare, pour un disque au rendu plus orchestral tout en restant profondément acoustique. Issue d'une famille de musiciens, Johanna Baget a grandi dans des bains de polyphonie vocale. Elle a appris la musique d'abord en reprenant les chansons des autres, avant de trouver peu à peu sa propre écriture. Elle raconte : « Je me rappelle quand j'étais toute petite, j'avais hâte de savoir écrire pour pouvoir écrire des histoires. J'attendais qu'on m'apprenne à écrire pour écrire des histoires. Dès que j'ai su, j'ai commencé à fabriquer des petits livres. Et la poésie, pour moi, c'est de l'écriture de musique. Il y a un rythme, il y a beaucoup de jeux avec les sonorités... En fait ce que j'adore dans la poésie, ce sont les mots simples et les images très claires, avec des associations de mots inattendues, mais qui te créent une émotion ou une sensation de "wow". Il y a vraiment des choses qui font sourire en lisant de la poésie, une sensation que je retrouve moins dans d'autres types d'écritures. Et j'aime vraiment les mots simples, mais qui font des petites étincelles dans le cœur. » De l'humour à l'émotion avec fluidité Dans la tradition de la chanson française, Johanna Baget signe des textes tendres et délicats, parfois drôles et ironiques, comme dans « La flemme », véritable ode à la paresse et à l'ennui. L'humour devient alors la première porte d'entrée pour se connecter à son public et créer une ambiance intimiste avant de déployer ensuite des émotions plus profondes, comme dans le titre « L'océan dans le cœur ». « Cette chanson, je l’ai écrite pour mon père. C'est quelqu'un de très émotif, la personne la plus sensible que je connaisse. Il vit de grandes joies et de grandes peines. J'ai toujours connu mon père qui pleurait beaucoup, tous les jours devant moi. Mais ce n'est pas quelque chose de dérangeant pour lui, c'est vraiment sa manière d'être. Moi j'ai découvert assez tard que les hommes galèrent à pleurer. Pour moi, c’étaient les hommes qui tchoulaient ("pleurer à chaudes larmes" en ​​​​​​​Belgique, ndlr.), quoi. (rires) Et les mères qui ne pleuraient pas. Et c'est aussi mon héritage, mon père : c'est la personne qui m'a appris à pleurer et la personne qui m'a transmis la musique », confie Johanna Baget. Une célébration de l'eau sous toutes ses formes Tout au long du disque, on voyage entre des ballades folk, des chœurs délicats, et des arrangements soignés où chaque instrument trouve sa place. Car Johanna Baget a parfois laissé carte blanche à ses musiciens, mêlant leurs univers au sien, nourri par le fado et les musiques brésiliennes découvertes au Portugal, où a commencé sa vie d’artiste. Le sens du courant célèbre également l'eau sous toutes ses formes : la mer, l'océan, les larmes, l'eau qui s'écoule comme le temps qui passe. Johanna Baget se laisse porter par le sens du courant qui lui donne l'impression d'être au bon endroit, au bon moment. Et à l’écouter, on se laisse porter avec elle. Instagram / YouTube ​​​​​​​

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20 ans de carrière, deux albums, deux Stades: Fally Ipupa voit double avec «XX»

4/17/2026
C'est clairement l'un des plus grands artistes africains du moment. Le chanteur congolais Fally Ipupa dévoile aujourd'hui son huitième album XX. Un titre bien mystérieux, que l'on peut lire « ix ix » ou bien directement « 20 », car ce disque célèbre ses 20 années de carrière. Fally Ipupa fait partie de ces artistes qui ont su imposer la rumba congolaise sur les plus grandes scènes internationales, jusqu’à la rendre totalement mainstream. L'enfant de Bandal à Kinshasa continue de peaufiner sa recette miracle, la « Tokoss music ». Un genre que Fally Ipupa a lui-même inventé et popularisé : le Tokoss fusionne la rumba congolaise avec du RnB, de l'afropop, du hip-hop et du zouk. Et avec cet album anniversaire, il prouve une nouvelle fois que la musique congolaise ne cesse de se réinventer avec le temps. Au programme : 20 morceaux, un pour chaque année de carrière. Côté chant, Fally Ipupa alterne entre mélodies assez douces aux accents RnB et des passages plus rythmés. Il navigue entre lingala, français et anglais pour nous parler de la vie quotidienne et bien sûr d'amour, son thème de prédilection. Musicalement, l’artiste explore des productions électroniques et des beats urbains ultra modernes, mais sans jamais trahir son ADN d'origine. Le cœur du disque reste la rumba, le ndombolo et les guitares congolaises. Bref, il crée avec une liberté artistique sans limites. Une philosophie qu'il racontait à Hervé Mandina, dans l'émission Afro-Club Deluxe sur RFI : « Artistiquement, j'ai toujours été libre. Quand vous regardez mon premier album, Droit chemin, il y avait des chansons très ouvertes comme « So.Pe.Ka » en collaboration avec Ben-J. Il y avait aussi « Nyokalessé » que j’ai essayé de faire un peu pop et funk. Et puis il y a des chansons comme « Kidianfuka », que le public réclame à tous mes concerts. Dès le deuxième album, j’arrive avec une collaboration avec Olivia, sur « Chaise électrique ». Donc voilà, j’ai toujours osé faire des petits écarts à la rumba, c’est ma vision, la Fallynisation ! » Un second volet prévu pour juin Sur ce disque, Fally Ipupa a réuni un casting cinq étoiles, comme un panorama de la scène africaine et internationale. On y trouve entre autres le Nigérian Wizkid, le Franco-haïtien Joé Dwèt Filé, la Béninoise Angélique Kidjo, ou encore le Congolais Lokua Kanza sur le morceau « Bapaya ». Aujourd’hui, Fally Ipupa incarne l'image d'une superstar africaine à l'ambition internationale, bâtisseur d'un pont entre Kinshasa et le monde. Et sachez que cet album n'est qu'une première partie... Un second volet, XX Delirium, est déjà prévu pour le 10 juin prochain, soit exactement 20 ans jour pour jour après la sortie de son tout premier album Droit chemin. En attendant, Fally Ipupa sera en concert les 2 et 3 mai au Stade de France. Un rendez-vous historique, puisqu'il deviendra alors le tout premier artiste africain francophone à remplir deux fois de suite ce lieu mythique. Facebook / Instagram / TikTok / YouTube

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De Timbiquí à la scène électro : la fusion addictive de «Nuevos Rios»

4/16/2026
Direction la Colombie avec Nuevos Rios, un tout nouveau groupe qui dévoile son premier album éponyme. Nuevos Rios, c'est la rencontre de deux mondes, une véritable fusion géographique et musicale. D'un côté, les Colombiens Canalón de Timbiquí, menés par la voix de la maestra Nidia Góngora. De l'autre, les Français de Reco Reco, groupe nommé d’après ce petit instrument de percussion brésilien utilisé dans la batucada et les rodas de capoeira. Amateurs de musiques électroniques et de transe, les membres de Reco Reco s’inspirent tout particulièrement des sonorités venues d'Amérique du Sud. Alors forcément, quand les deux groupes se sont rencontrés à la source, dans le village de Timbiquí, quelques sessions d’improvisation ont suffi pour donner naissance à Nuevos Rios. Ce projet incarne l'osmose parfaite entre le patrimoine afro-descendant du Pacifique colombien et le côté futuriste des nappes électroniques. Le morceau « Malvada » en est l'exemple parfait. Les synthétiseurs se mêlent à la puissance organique des percussions sud-américaines : la marimba de chonta, ce xylophone avec des lames en bois, le tambour bombo très utilisé dans la cumbia, mais aussi le guasa au son proche des maracas. Rythmes currulao et bunde à l'honneur Mais au-delà des instruments, c'est tout un héritage rythmique qui s’exprime sur ce disque. L’album met à l’honneur des rythmes très populaires sur la côte pacifique colombienne comme le currulao et le bunde, véritables pilliers de l'identité culturelle de cette région et symboles de l'héritage africain en Colombie. Dans Nuevos Rios, cette force ancestrale devient une matière brute pour faire la fête... et pour danser. Pourtant, derrière la danse, les fleuves racontent aussi autre chose. Les textes célèbrent la vie, le respect, la dignité et la nature sauvage, mais aussi les réalités d'une région loin d'être épargnée par les conflits internes en Colombie. L'album alterne entre compositions originales et hommages vibrants comme dans le morceau « La Memoria de Justino ». Tim, le batteur du groupe : « "La Memoria de Justino" est un morceau composé en hommage à Justino Garcia, un balafoniste précurseur de Guapi, un village à côté de Timbiqui. On joue des titres devenus des standards que tout le monde connaît en Colombie. On a travaillé dessus et tout s’est monté très vite. » Le groupe sera à retrouver sur scène le 20 mai à Paris, le 27 à Toulouse, le 28 à Nîmes et le 30 mai à Bordeaux. Facebook / Instagram / TikTok / YouTube

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Ino Casablanca, la nouvelle coqueluche du rap français au Printemps de Bourges

4/15/2026
À 25 ans et avec trois mixtapes derrière lui - dont Extasia, parue en octobre 2025 et acclamée par la critique - Ino Casablanca a su se trouver une place de choix dans le paysage musical français. Nommé aux Victoires de la musique 2026 en tant que Révélation masculine, le jeune artiste sillonnera les scènes des festivals cet été, porté par son rap aux influences aussi bien raï, que flamenco ou caribéennes. « Y'a pas de message, faut juste kiffer. » Dans une courte vidéo où il se met en scène avec l'un de ses amis, Ino Casablanca donne le ton : pas question d'intellectualiser sa musique, il faut juste ouvrir grand ses oreilles et en profiter. D'ailleurs, le jeune artiste n'affectionne pas particulièrement de parler de sa musique et refuse régulièrement des entretiens. C'est donc guidé par l'instinct, et par toutes les références musicales absorbées au cours de sa vie, qu'Ino Casablanca propose une musique métissée, aux mille influences : au fil des morceaux de sa dernière mixtape, Extasia, on passe sans difficulté du raï (« Moula Solitude ») au flamenco et même au kompa haïtien (« Kitlé »). Un mélange des genres explosif résumé dans la chanson « Bissap du 20e », hymne à ce quartier du nord de Paris et à son quotidien. Il y a beaucoup d'ingrédients dans ce bissap qui tient plus du cocktail explosif et pourtant, tout est minutieusement dosé, on évite toujours l'indigestion. Un perfectionniste de la musique Si Ino Casablanca a pu ingérer autant d'influences, c'est qu'il a beaucoup bougé : la petite enfance au Maroc, puis la banlieue de Barcelone, jusqu'à ses douze ans - avant de s'installer dans le sud-ouest de la France, où il découvre le rap. À cela, il faut ajouter ce que ses parents écoutent inlassablement à la maison - Oum Kalsoum, Fayrouz, le roi du raï algérien Cheb Hasni - et ce qu'il a découvert au fil de l'eau sur les plateformes de streaming. Le mélange reste pourtant étonnamment homogène. Notamment car Ino Casablanca pilote toutes les étapes de sa production - il a d'ailleurs réalisé seul le mixage d'Extasia -, mais aussi parce que ce véritable geek de la musique possède de solides connaissances musicales, acquises au conservatoire. C'est ainsi que le jeune musicien s'est intéressé aux battements par minute - les BPM - qui définissent le rythme de chaque style de musique. Pour faire des mélanges harmonieux, Ino Casablanca s'intéresse à des genres qui ont des rythmiques proches : le raï et le rap californien, par exemple, tournent tous les deux autour de 90 ou 100 battements par minute. Quelle que soit la méthode, le résultat est là : Ino Casablanca s'amuse, expérimente, ne s'interdit rien ; et cela donne une musique fraîche, qui lui ressemble autant qu'elle rassemble. Instagram / TikTok / YouTube

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La chanteuse franco-algérienne Souad Massi hausse le ton avec «Zagate»

4/14/2026
Avec son huitième album Zagate – « ça se gâte » en français –, Souad Massi troque la douceur acoustique pour une guitare électrique et une urgence brûlante. Entre rock ardent et sagesse méditerranéenne, la musicienne franco‑algérienne aborde la guerre, l’exil, l’exploitation et les ravages écologiques, mais aussi la force intérieure qui permet d’avancer. Un projet en onze titres résolument engagés, où se mêlent colère, lucidité et éclats d’espoir.

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«Jèem» de Lëk Sèn: un 7e album pour une jeunesse africaine en quête d’apaisement

4/10/2026
Le reggae-man sénégalais Lëk Sèn sort son septième album, Jèem, « Essayer » en wolof. Un projet sincère, construit comme un voyage à travers les émotions, les contradictions et les réalités d’une génération qui rêve d’une Afrique puissante ornée de ses valeurs spirituelles. Originaire de Ngor au Sénégal, Lëk Sèn trace une route singulière où le reggae roots rencontre les rythmes d’Afrique et les pulsations urbaines. Derrière chaque mot et chaque note, il tisse une écriture brute et sincère, empreinte de mémoire et d’avenir. Entre profondeur, appel à la conscience et mélodies envoûtantes, il se révèle à chaque nouvelle sortie comme une voix rare : celle d’une génération qui cherche, questionne et espère. Lëk Sèn avance sans artifice, guidé par la force du cœur et la justesse de son verbe. Son nouvel album Jèem (« Essayer » traduit du wolof) est un nouveau passeport musical, un projet sincère, construit comme un voyage à travers les émotions, les contradictions et les réalités d’une génération qui rêve d’une Afrique puissante ornée de ses valeurs spirituelles. Chaque titre est pensé comme un récit, où se mêlent énergie, douceur et rage maîtrisée. Lëk Sèn y explore ses propres espoirs et sa vision du monde, avec une écriture sans filtre. Ce qui distingue ce projet : une volonté de parler vrai, tout en soignant les sonorités. Le mélange entre les codes du reggae et les textures africaines offre une palette large et cohérente, fidèle à son identité musicale. Le reggae, « musique qui revendique » Lëk Sèn est de cette génération d'artistes du continent africain qui aiment profondément le style reggae roots. C'est du reggae à l'ancienne, comme Burning Spear, un reggae où l'on parle du couple, on parle du quotidien et de l'histoire en version brut de décoffrage. D'ailleurs, sur l'album, il a un titre sur les tirailleurs sénégalais où la France se fait démonter. À lire aussi«Jèem» du Sénégalais Lëk Sèn: du reggae pour l’esprit Il y a aussi un aspect spirituel, une spiritualité confrontée au quotidien par les petites choses, de la simplicité et de l'humilité. Il adore les réseaux sociaux. Il parle des jeunes qui, désespérés, veulent tenter leur chance à l'étranger. Cela dit, il aurait pu chanter ce thème il y a 20 ou 30 ans. Et il veut dire que le reggae peut faire du bien au monde. Il peut l'apaiser. « Quand on parle de reggae, on parle de musique qui revendique. S'il revendique pas, il est là pour nous apaiser, pour redonner le moral. Il est là pour nous poser. C'est une musique qui va avec le temps et toutes les générations s'y trouvent. Aujourd'hui, le monde est en quête d'apaisement. Il est en quête de souplesse, en quête de choses naturelles. Le reggae est la définition de tout ça. Pour rien au monde je lâcherai le reggae. C'est un médicament pour moi », soutient Lëk Sèn. Donner la parole aux jeunes Pour ce nouvel album, Lëk Sèn s'est entouré de jeunes artistes. Xavier Lacire, un jeune guitariste ivoirien, Jhonel le griot moderne – c'est comme ça qu'il s'appelle – du Niger, ainsi que Elom 20ce qui est un slameur togolais, et puis encore Ilam, un chanteur peul sénégalais qui vit au Canada. On peut se dire qu'avec un tel casting, les scènes montrent qu'il soutient à fond l'unité africaine, sans oublier les diasporas. À écouter aussiLëk Sèn présente «Jèem», l'album du retour aux sources sorti le 5 décembre L'Afrique, possède la population la plus jeune au monde. Lëk Sèn a l'air préoccupé par l'avenir de ces jeunes, entre les petits qui cherchent une vie meilleure à l'étranger et certains geeks mal intentionnés qui sont hypnotisés par internet, il y a matière. Sur le titre « Net Bi », Lëk Sèn vise les réseaux sociaux. Outre le fait d'avoir des yeux de lapin qui aurait chopé la myxomatose, ça fait des dégâts dans la tête. La violence qui s'exprime est vraiment effrayante. « Je parle aux gens qui font l'apologie du meurtre, ceux qui travaillent pour la violence, ceux qui envoient des messages négatifs, explique Lëk Sèn. Et...

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Les Strasbourgeois de Lyre le temps en goguette à la Nouvelle Orléans

4/9/2026
Quand l'électro-swing à la française rencontre le jazz new-orleans, cela donne New Orleans Club, le nouvel album du combo français Lyre le temps qui sort vendredi 10 avril 2026. Lyre le temps est un groupe bien connu des aficionados de fusion électro-swing et pour leur sixième album, les Strasbourgeois emmenés par Ludovic Schmidt ont réalisé leur rêve qui aussi celui de nombreux musiciens de jazz, partir un mois en immersion à la Nouvelle-Orléans, berceau du jazz. « Pour moi, c'est l'émeraude des États-Unis, c'est-à-dire que c'est la pointe du diamant de ce qu'il y a aux États-Unis. C'est ce qui m'intéresse le plus dans la culture américaine. Il y a la mythologie de la Nouvelle-Orléans et j'avais besoin de savoir si c'était aussi bien que ce que j'avais dans ma tête. J'ai été plus que comblé ! », témoigne l'artiste. Un voyage vécu comme une épopée faite de rencontres, à commencer par celle avec le génial Glen David Andrews, l'un des trombonistes emblématiques de la Nouvelle-Orléans. On le voit notamment dans la série télévisée Treme, consacrée aux musiciens de la ville. Glen David Andrews, c'est la grande rencontre de Ludovic Schmidt : « C'est quelqu'un de tellement passionné, qui va dans tous les sens. Et moi, j'avais peur de ça, qu'il me dise "Oui, oui, je viens en studio" et qu'au final, il ne vienne pas. Il a pris cela très au sérieux. On a sorti un titre ensemble qui s'appelle "When I get low, I get high", et il a fait la promotion de ce titre comme si c'était sa propre chanson. Et il a été un mentor extraordinaire. J'ai eu énormément de chance qu'il me prenne sous son aile, et encore aujourd'hui, il parle de moi à la Nouvelle-Orléans. J'existe un peu à travers ce que lui propose. Et pour moi, c'est une fierté gigantesque. » Les musiciens de Lyre le temps ont confronté ceux de la Nouvelle-Orléans avec leur style si particulier qui combine swing, électro et hip hop. De quoi déconcerter les brass bands de la cité que les Américains surnomment Big Easy ? Pas vraiment. The original Pinette brass band, seule fanfare entièrement féminine de la ville a joué le jeu avec une certaine délectation, notamment sur le morceau « Second Line » où leurs sonorités prennent une rythmique hip hop. Et dans l'ensemble, tous les invités sur l'album - et ils sont nombreux - ont profité de la liberté que Ludovic Schmidt préconise en permanence dans l'art de la musique. Facebook / Instagram / YouTube

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Nubiyan Twist fait briller le néo-jazz avec «Chasing Shadows»

4/8/2026
Peu importe la météo chez vous... Nubiyan Twist apporte le soleil avec Chasing Shadows, le cinquième album du collectif londonien. Neuf musiciens, un groove éclatant et une énergie explosive : ils sont l’une des gouttes de toute cette nouvelle vague néo-jazz qui déferle sur l'Angleterre, et particulièrement à Londres, depuis le début des années 2010. Dans la lignée d'Ezra Collective ou Kokoroko, ils fusionnent jazz, afrobeat, funk, soul, hip-hop et textures électroniques. A l'heure des écrans et du repli sur soi, Nubiyan Twist célèbre la chaleur humaine, la spontanéité et la danse. Leur musique vit, respire et transpire. Sur ce nouvel opus aux sonorités plus soul, on découvre notamment une nouvelle voix principale. Celle d'Eniola, jeune chanteuse tout juste diplômée du Trinity College of Music de Londres. Un souffle neuf qui succède à Nubiya Brandon, l’inspiratrice du nom du groupe. Sur Chasing Shadows, le collectif s'entoure d’invités très variés, parmi lesquels Bootie Brown, figure emblématique du hip-hop alternatif américain, connu pour ses collaborations avec The Pharcyde et Gorillaz. Nubiyan Twist commence à s'habituer aux invités de marque, eux qui ont déjà accueilli en featuring le père de l'ethio-jazz Mulatu Astatké, la légende ghanéenne du highlife Pat Thomas, et les musiciens nigérians Tony Allen et Sean Kuti. Cette fois encore, ils gardent ce lien entre Afrique et jazz contemporain, en invitant la chanteuse malienne Fatoumata Diawara. Un voyage sonore à prolonger en live Chasing Shadows est un album joyeux, humain, qui repousse encore les frontières du jazz, traverse les continents et célèbre la danse et la joie comme force collective. A savoir que le collectif Nubiyan Twist est réputé pour son énergie explosive en live, avec une puissance de son big-band qui promet des concerts mémorables. Vous pourrez les retrouver sur scène le 22 avril à Newcastle, le 23 à Leeds, le 24 à Manchester, puis en tournée à travers le Royaume-Uni et l’Europe. Une date à Paris est prévue le 22 novembre prochain. Facebook / Instagram / YouTube

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Folk-rock au bord du souffle: Eya Patterns signe un album hors du temps

4/7/2026
Premier album et nouvelle voix : Eya Patterns. À 28 ans, la Française signe un premier album éponyme, ancré dans un folk-rock organique, à la lisière du mystique. Hors circuit, loin des effets de mode, Eya Patterns conçoit un projet au tempo lent, presque suspendu, souvent doux, parfois sous tension. Des morceaux qui visent juste, entre précision, délicatesse et impact. Cette brune élancée avance sans mode d’emploi. Autodidacte et libre, elle chante, joue de la guitare, compose et écrit des titres intimes, hors du temps. Son coup d’essai intègre ses voyages en Corse et au Canada, où les grands espaces et les montagnes deviennent les paysages intérieurs de sa musique, façonnée depuis l’âge de 14 ans. L’instrumentation se fait minimale, mais jamais pauvre. La voix, elle, capte d’emblée. Son chant se promène sur des fréquences rares à la limite du souffle, comme une respiration mélodique, sans jamais perdre en intensité. Même dans les montées, sa maîtrise vocale reste intacte. Parole murmurées et arrangements brumeux dessinent une esthétique pop-rock proche de celles de Lana Del Rey et PJ Harvey, sans mimétisme. Eya Patterns signe un premier projet habité plein de grâce et de force d’âme, avec tout ce qu’il faut pour durer et éviter la platitude. Sur scène à La Pente le 8 avril 2026. Sortie de l’album le 10 avril (Byebye Records). Facebook / Instagram / TikTok / YouTube

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Yan Wagner : «Æther», l’alchimie des machines et de la chair

4/6/2026
Yan Wagner est l’une des figures incontournables de l’électro française. Homme-orchestre et électron libre, il signe son quatrième album, Ætherle, sorti le 3 avril 2026. À 42 ans, le Franco-Américain Yan Wagner déploie sa voix grave de crooner nocturne sur douze titres kaléidoscopiques traversés de drum’n’bass, trip-hop et rock industriel. Producteur, compositeur, créateur de musique de films et DJ, totalement autodidacte, il émerge en 2010 dans les clubs new-yorkais. Deux ans plus tard à Paris, le grand musicien césarisé Arnaud Rebotini ne s'y trompe pas et produit son premier album, Forty Eight Hours, salué par la critique et le public. Dès cette époque, son univers flirte avec Kraftwerk et Depeche Mode et il s'impose sur la scène française, assurant les premières parties des pop stars nationales, Étienne Daho et d’Air. Avec Æther, Yan Wagner pousse plus loin son esthétique musicale.en injectant plus de vivant dans ses synthétiseurs. Violons, violoncelles et santuur - instrument iranien millénaire à cordes frappés - se glissent dans ses arrangements. Ce n'est pas un habillage sonore de plus pour le fun des pistes de danse. C'est une odyssée musicale, une quête de lumière salvatrice dans un monde chaotique. L’album ouvre aussi sa galaxie à de nouvelles voix. Les collaborations transforment ses boucles ambitieuses et ses beats grandioses en expériences sonores. Avec la Marocaine Meryem Aboulouafa, c'est carrément hypnotique sur le titre « 60FPS » (« Soixante images de toi circulent dans mes veines »). À écouter aussi«Couleur Chaos», un album tout en contraste Même magie avec le tandem Yan Wagner et Malick Djoudi. Quand l'électro envoutante du premier rencontre la pop mélancolique du second, ça donne « Aethernité ». Un morceau lancinant qui interroge notre solitude et la possibilité de réunification. Et là, ils nous entraînent dans un vertige émotionnel hors du temps. Puissant, sensible, magnétique, Æther impose la signature d’un alchimiste contemporain, capable de faire dialoguer les machines et la chair, l’héritage new wave et l’urgence du temps présent. Yan Wagner présentera Æther en concert à la Maroquinerie à Paris le 17 juin 2026. . Facebook / Instagram / YouTube

Duration:00:07:16

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La Britannique Arlo Parks revient pour un troisième album électro, sans ambiguïté

4/3/2026
Découverte avec sa musique néo-soul aux colorations indie pop, saluée pour son second album aux sonorités flirtant avec le rock, Arlo Parks change encore de peau sur son troisième album, Ambiguous Desire, paru ce vendredi 3 avril. La jeune femme n'a en revanche rien perdu de sa plume délicate et juste, qu'elle continue d'exercer sur les douze titres nerveux et rythmés du disque. Saluée dès son premier EP publié à 19 ans, récompensée pour son premier album Collapsed In Sunbeams, acclamée pour son second, My Soft Machine... c'est peu dire qu'Arlo Parks était attendue au tournant pour son troisième disque, Ambiguous Desire, annoncé comme marquant un tournant dans son style musical. Pourtant, la jeune femme a pris la sortie de ce nouvel opus avec philosophie : « Je n'ai pas ressenti de pression particulière, nous explique-t-elle à l'occasion d'un passage à Paris. Chaque album est une capsule temporelle, c'est donc normal qu'ils soient distincts les uns des autres. » L'influence du monde de la nuit Pour les douze titres qui composent ce nouveau disque, Arlo Parks a été largement inspirée par ses nuits passées, pendant trois ans, dans les clubs de Londres, New York, et Los Angeles – où elle a enregistré Ambiguous Desire. C'est donc tout naturellement que ces sonorités électro, entre nappes de synthétiseur et boucles minimales à la boîte à rythme, ont fait irruption dans sa musique. « C'est la première fois que je peux vraiment m'immerger dans un univers » pour un disque, pointe la jeune femme, qui a passé une bonne partie de ces dernières années sur les routes, en tournée. Ces dernières années, là aussi pour la première fois, elle a « expérimenté ces espaces nocturnes, où [elle a] trouvé un endroit où être libre, un espace de communion ». Les influences de la nuit se sont donc retrouvées, sans trop y réfléchir, sur le disque : normal, pour celle qui se considère « comme un prisme » : « J'absorbe ce qu'il y a autour de moi et, d'une certaine manière, je le réfracte ». Au risque de livrer un album certes unifié, mais peut-être par moments trop uniforme. La liberté découverte dans les discothèques a fini par infuser dans le processus créatif d'Arlo Parks. « Je ne me suis jamais autant amusée en studio ! », sourit-elle. « Cette fois, j'avais du temps. Je pouvais venir chaque jour en studio, écrire, et voir ce qui en ressortait. Ce n'était pas comme les fois d'avant, où je n'avais que quelques jours pour enregistrer avant de repartir sur la route. » Conséquence : la jeune femme s'est, cette fois, laissée porter par la musique et ses expérimentations et a laissé les paroles naître de ce processus, plutôt que d'écrire et de tailler des compositions sur mesure pour ses textes. Une plume toujours trempée dans l'encre de la justesse Une chose en revanche ne change pas sur cet album : la plume d'Arlo Parks, toujours aussi sensible que juste. La jeune femme, qui a elle-même déjà publié un recueil de poésie, a continué de se nourrir de ses lectures pour écrire ce disque : le poète américano-vietnamien Ocean Vuong, l'essayiste et poétesse américaine Maggie Nelson, l'écrivaine australienne McKenzie Wark (autrice d'un ouvrage sur la scène rave et queer new-yorkaise)... « Toutes ces lectures m'ont permis d'affiner ma plume, analyse Arlo Parks. Je suis assez attirée par les livres qui défient les structures de récit traditionnelles, et cela m'a permis d'avoir confiance en ma façon de raconter une histoire et de l'unifier. » À lire aussiArlo Parks: «La nuit est devenue un espace où j'ai trouvé ma place» Avec délicatesse, la jeune femme saisit des émotions parfois difficiles à exprimer. Comme ce mélange subtil que l'on ressent lorsque l'on tombe amoureux, entre espoir, euphorie et anxiété, qu'elle chante avec douceur sur « 2Sided », l'un des singles qui a précédé la sortie du disque. L'artiste se fait un plaisir de brouiller les pistes, en apposant des paroles mélancoliques sur des mélodies euphoriques – « Get Go » –, ou en mariant des...

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«At My Softest I Am Most Dangerous»: Mélissa Laveaux défie l'au-delà

4/2/2026
C’est le retour de la chanteuse canadienne d'origine haïtienne Mélissa Laveaux. Elle dévoile un nouvel album, At My Softest I Am Most Dangerous, littéralement « à ma plus douce, je suis la plus dangereuse » en français. Un disque pensé comme un récit intime et singulier, qui explore quarante années de face-à-face avec la mort. Mélissa Laveaux cultive depuis l'enfance une fascination pour le macabre, les fantômes et les films d'horreur. Avec At My Softest I Am Most Dangerous, elle dresse une sorte d’inventaire non-exhaustif de ses expériences avec la mort : sa naissance complexe d'une mère atteinte d'un cancer, la douche d'huile bouillante reçue accidentellement sur le dos à l'âge de 8 mois, son baptême en urgence pour suspicion de possession démoniaque, ou encore le diagnostic d'une sclérose en plaques il y a trois ans... La liste est longue, et comme la mort n'est tabou, ni dans sa famille haïtienne, ni dans la culture vaudou, Mélissa Laveaux était parfaitement à l'aise à l'idée de la mettre en musique. Elle raconte : « On a toujours parlé de la mort comme d'un fait, pas comme d'une tragédie. Et surtout, on a toujours parlé de la mort. Du fait que quelqu'un est malade, qu'on va essayer de les soigner ou de les accompagner... C'était juste normal, de toutes façons tout le monde va mourir, donc on s'y habitue vite ! (rires) Et ça me trottait dans la tête, j'ai commencé à faire le compte de toutes les fois où j'ai vraiment été proche de la mort, où j'ai failli mourir, où j'ai eu un accident, où j'ai rencontré des esprits, où j'ai rencontré des fantômes, où on m'a dit "tu sais, tu passes beaucoup trop de temps avec la mort". Parce que ce n’était pas la première fois qu'on me le disait, "tu as passé beaucoup trop de temps avec la mort." » À lire aussiMelissa Laveaux: «At My Softest, I Am Most Dangerous», une obsession pour les esprits Dans le morceau « No Noise », comme dans plusieurs autres pistes du disque, on entend la voix de Cassandre, la grande sœur de Mélissa Laveaux, de sept ans son aînée. Elle endosse le rôle de griotte et raconte certaines histoires que la chanteuse, trop jeune à l'époque, a oubliées. Des ombres à la lumière Et pourtant, même si les différents récits sur l'album peuvent paraître sombres ou difficiles, la musique de ce disque reste lumineuse, entraînante et même joyeuse. C'est toute la magie du projet : une pop indé très riche, nourrie de rythmes caribéens, du rock latin des années 1970, et de tropicalia brésilien. « Quand j'étais gamine, j'adorais écouter Os Mutantes ou Maria Creuza, cette musique de fêtes brésiliennes me parlait beaucoup. Quand j'ai pris une guitare, le son des musiques brésiliennes m'a énormément attirée parce que j'adore jouer en fingerpicking, j'adore jouer avec un rythme qui m'accompagne, donc c'était une évidence. Je trouvais qu'on arrivait à faire du rock qui groovait, qui était funky. Ça parlait aussi à la musique afro-américaine que j'écoutais, donc tout se répondait », explique-t-elle. Probablement l'album le plus personnel de Mélissa Laveaux, At My Softest I Am Most Dangerous est une invitation à puiser dans sa vulnérabilité et dans les ressources du passé pour mieux habiter le présent. Mélissa Laveaux sera en concert le 7 avril 2026 à Roubaix, le 11 avril à Toulouse, le 5 mai à Paris, le 3 juillet à Chambéry, le 4 juillet à Clermont-en-Gennevois, le 17 juillet à Grenoble, le 6 novembre à Sotteville-les-Rouen, le 3 décembre à Nantes et le 4 décembre à Questembert. Melissa Laveaux At My Softest, I Am Most Dangerous (Revolta/Twanet) 2026 Facebook / Instagram / YouTube

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«Palmier», le nouvel album du rappeur Rocé entre colère et douceur

4/1/2026
Pour son sixième album studio, le rappeur franco-algérien Rocé reste sur sa ligne d'exigence et de qualité. Palmier est une œuvre engagée et profondément musicale, loin des standards du rap actuel. À bientôt cinquante ans, Rocé, de son vrai nom José Youcef Lamine Kaminsky, pourrait faire figure de vétéran dans une industrie du rap trop souvent encline au jeunisme. Et pourtant peu de rappeurs peuvent se vanter de posséder une verve poétique de la qualité de la sienne, une fraicheur musicale ainsi qu'une volonté de se renouveler en permanence. Palmier est un nouveau jalon dans son parcours musical fort de six albums studio. « J'ai voulu apporter dans ce projet toute la mélancolie que l'on peut voir dans un coucher ou un lever de soleil sous un palmier », explique l'artiste franco-algérien. À lire aussiRocé: «Le rap est un sport de combat» S'il est donc question de mélancolie, il est aussi question de révolte et de colère. Rocé a toujours été un homme engagé. Inlassable contempteur des maux qui frappent notre société, indifférence, violence, exploitation, discrimination, ce lecteur de Franz Fanon est aussi et peut-être même avant tout un penseur décolonial. « Cela fait partie de mes mots-clés, de ma matrice de réflexion que d'être toujours dans des réflexions de désaliénation », affirme le rappeur. Palmier reprend donc les thèmes chers à Rocé. Dénonciation des violences subies par les jeunes de banlieue, de l'exploitation des hommes, d'une vie qui pour certains se résume souvent à subir les pressions idéologiques des classes dominantes. L'autre particularité de Rocé, c'est son goût pour les compositions léchées et l'apport de musiciens à sa richesse musicale. Car s'il affirme que le rap, c'est « avant tout deux platines et un micro », lui-même ne rechigne jamais à faire entrer un saxophone, un violon et des guitares dans ses compositions. Celui qui a commencé aux côtés d’artistes comme feu DJ Mehdi et de la Mafia K1 Fr, cultive un éclectisme certains pour les musiques afro-américaine : « Je considère Palmier comme un album très soul, en prenant comme référence, s'il n'en fallait qu'une Sade, la chanteuse anglo-nigériane. » La colère cool, en quelque sorte. Rocé Palmier (Hors Cadres / Modulor) 2026

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«My World Is The Sun» de Dominique Fils-Aimé, la quête de liberté comme boussole

3/31/2026
Elle nous emporte immédiatement dans son univers. La chanteuse canadienne d'origine haïtienne Dominique Fils-Aimé dévoile My World Is The Sun, son cinquième album. Ce nouveau disque est l’une des pièces d'un puzzle beaucoup plus vaste : c’est le deuxième volet de sa seconde trilogie. Car Dominique Fils-Aimé conçoit son œuvre de manière très précise, où chaque cycle de trois albums raconte une étape de sa quête de liberté sonore et spirituelle. My World Is The Sun est un disque profondément personnel, que la chanteuse dédie à sa mère. L’album s'ouvre d’ailleurs sur un enregistrement retrouvé, une vieille cassette des années 1970 où on l’entend chanter et gratter quelques accords. Dominique Fils-Aimé se souvient : « Elle jouait de la guitare, elle chantait, mais on ne l'entendait pas souvent. Je ne l'avais jamais vue chanter et jouer en même temps. Et là, de découvrir cette cassette, c'était incroyable pour moi d'entendre ma mère qui vraiment se donnait, et qui le faisait "sérieusement". Je lui dois définitivement mon amour pour la musique, car il y a toujours eu de la musique dans la maison, d'une forme ou d'une autre. » A la croisée du jazz, de la soul et du blues, Dominique Fils-Aimé ne se donne aucune limite artistique. Elle navigue librement entre anglais et français, sur des morceaux sans structure figée qui peuvent s’étirer de une à neuf minutes. Ses mélodies évoluent à l'instinct, portées par sa voix qu’elle dédouble, dont elle superpose les couches pour créer un effet de chœur très réussi. Il se dégage de cet album une vibration particulière, très authentique et directe, car Dominique Fils-Aimé a fait le choix d’un enregistrement en live session. On y entend tout : les respirations, les rires, toutes les petites imperfections qui donnent de la vie au son. Le résultat à l'écoute, c'est une émotion brute, intacte, comme si on y était. Des racines haïtiennes au jazz montréalais Tous les instruments se croisent avec fluidité : de la guitare aux tablas, ces percussions venus d'Inde jouées aussi au Pakistan et au Népal, en passant par du didgeridoo des peuples autochtones d'Australie, le tout porté par le son des vagues qui se brisent. Tout ce mélange puise sa force dans les racines haïtiennes de l’artiste, là où la musique est indissociable de la quête de liberté. À écouter aussiDominique Fils-Aimé, le souffle de Montréal « Les valeurs que notre histoire transmet à l'humanité en général, à tous les peuples oppressés, comme ce combat pour la libération qui est quand même un des piliers de la culture haïtienne et de la manière de penser la force qu'on a, ça résonne en moi. C'est quelque chose qui relie bien la culture haïtienne et la mentalité du jazz. Cette quête de liberté est un peu partout, dans l'ADN comme dans le mode de pensée "jazz" qui est aussi une forme de quête de liberté musicale, du fait qu'elle soit ancrée dans le mouvement des droits civiques. Donc j'ai l'impression que le concept de liberté était partout autour de moi », raconte-t-elle. Avec My World Is The Sun, Dominique Fils-Aimé ne se contente pas de composer : elle explore ses racines pour construire une paix intérieure qu’elle offre ensuite au monde. Une invitation à l’espoir et à la douceur, dans un monde qui saigne.

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«Hacha»: l'alchimie de Natalia Doco entre dancefloor, spiritualité et puissance féminine

3/30/2026
Figure inclassable de la scène alternative latino-américaine, Natalia Doco revient avec son quatrième album Hacha (« la hache ») en espagnol. La chanteuse argentine y livre une œuvre à la fois explosive et introspective, une musique qui tranche autant qu’elle soigne. Quinze titres qui célèbrent la puissance féminine – sur le dancefloor comme dans la vie. À lire aussiAvec «Hacha», Natalia Doco se montre féroce Instagram / Facebook / YouTube

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Combo Efectivo, la nouvelle vague franco-colombienne du jazz tropical

3/26/2026
Le groupe franco-colombien Combo Efectivo dévoile son premier projet éponyme, fruit de rencontres et de créations partagées. Car derrière la sortie de ces premiers morceaux se cache une véritable histoire humaine et artistique. Tout commence avec Jazztropicante, un laboratoire de création musicale entre artistes français et colombiens des scènes jazz et musiques actuelles, fondé par la chanteuse et productrice Sarah Maréchal. À l'origine, l'objectif initial était de faire rayonner le jazz français en Colombie, dans le cadre de la saison croisée entre les deux pays en 2017. Mais les rencontres entre artistes à Bogota ont dépassé toutes les attentes : une alchimie s’est créée, le projet s’est prolongé, jusqu'à donner naissance à un label, Casa Maguey, il y a deux ans. Le groupe réunit sept musiciens. Parmi eux, certains issus de la jeune génération jazz française (Stéphane Montigny au trombone, Antoine Berjeaut à la trompette, Tim Alcorn à la batterie et le saxophoniste Léon Phal) et d’autres figures de la scène néotropicale colombienne (Karen Nerak au chant, rap, gaita et percussions, Ruben Aragon aux claviers, Pelango à la basse, Kike Narvaez à la batterie). « C'est une expérience très intéressante, parce qu'on ne sait pas forcément ce qu'on va faire avant de commencer, tout se crée sur le moment. Si les Colombiens apportent des rythmiques, elles vont être basées sur des rythmes afro-colombiens, qui viennent du folklore par exemple. Mais la base qu'on va ensuite développer, ça peut être aussi quelques notes de saxophone ou de piano proposées par les Français. On n'a vraiment aucune idée préconçue, disons que l'étincelle de départ peut venir de tous les côtés, et ensuite on ajoute tout ce qui nous traverse l'esprit et le cœur à ce moment-là » raconte Pelango. La cumbia, symbole d'harmonie universelle Le morceau « La llave maestra » – la clé maîtresse – repose sur un rythme de cumbia, invitation à la danse. Quand on danse, le cœur s'apaise, l'esprit s'ouvre. Cette clé maîtresse symbole de communion, de paix et d'harmonie universelle, c'est donc la cumbia, qui ouvre toutes les portes pour aller partout où l'on veut. Car la cumbia née sur les côtes colombiennes s'est ensuite répandue sur tout le continent : on la retrouve aujourd'hui de l’Argentine au Mexique avec des instrumentations, des productions ou des tempos différents. Liée au jazz, elle s'ouvre sur le monde. Pour Pelango, le bassiste du groupe, cette fusion est toute naturelle : « Le jazz est afro-descendant, et en réalité cette racine africaine s'exprime juste sous des noms différents à travers le continent américain. On l'appelle "jazz" en Amérique du Nord, mais on l'appelle "cumbia" en Colombie, on l'appelle "tango" en Argentine, "salsa" à Cuba... Et finalement, ce sont juste des déclinaisons différentes de la même racine africaine. Donc cette parenté rend les fusions naturelles, ça devient évident de faire coincider ces univers. De nombreuses rencontres musicales de ce genre existent d'ailleurs grâce à la curiosité des musiciens qui font des recherches et qui explorent ces liens. » Les morceaux « Dejame Pasar » et « Fiebre » sortiront dans les mois à venir. Ces futurs titres annoncent déjà la suite d'un projet qui explore sans relâche la fusion des genres sud-américains. Dans la lignée d’artistes comme le chanteur colombien Carlos Vives, qui avait sorti la cumbia et le vallenato de ses rails très traditionnels pour les fusionner avec de la pop et du rock il y a maintenant plus de 30 ans, Combo Efectivo tisse un son puissant, à la croisée des énergies du Sud et de la créativité européenne.

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«Ö», manifeste club contre l’obsession du sens

3/25/2026
Voix nonchalante, synthés abrasifs, nom en forme de doigt d’honneur : Fcukers déboule avec un premier album très attendu, Ö. Rien de propre, rien de sage, chez Fcukers, tout est à rebours. Ö s’affiche minimaliste, presque cryptique. Même le nom du groupe joue la provocation en contournant la censure dans une Amérique sous tension. À l’oreille, rien ne change. Visuellement, tout passe. Deux têtes, une déflagration Derrière le projet, deux jeunes visages de la scène new-yorkaise émergente: Shanny Wise au chant et à l’écriture. Jackson Walker Lewis aux machines, balance des beats tranchants. Le duo balance un son brut, désaxé porté par une voix faussement détachée flottant sur des mélodies subtilement déconstruites. Résultat : une injonction immédiate à bouger. Exemple parfait avec « If You Wanna Party, Come Over To My House » (« si tu veux faire la fête vient chez moi » en français). C'est clair, net, sans détour. Des nuits sans pause Depuis sa naissance en 2022, Fcukers retourne les clubs new-yorkais jusqu’à l’aube. Deux ans plus tard, tournée mondiale d’une centaine de concerts en première partie de rock stars comme Tame Impala ou LCD Soundsystem et il explose. Anti-discours, pro-transe Sur Ö, pas de storytelling. Aucun récit à dérouler. Le duo vise la culture club, le lâcher-prise des corps. Une réponse cash à l’obsession contemporaine du sens à tout prix. La critique musicale internationale salue déjà cette capacité à transformer des textes vides en morceaux imparables et hybrides. Post-punk, techno, rock, pop, ska, dub jamaïcain, tout se percute. Impossible de coller une étiquette. Collision sonore Avec ce projet, le duo new-yorkais déclenche une collision sonore redoutable. Là où d’autres visent les playlists algorithmiques avec des titres calibrés, Fcukers impose, lui , la transe et la sueur collective. « O » ne s’écoute pas, il se vit à fond. Ö sortie le 27 mars 2026. Fcukers sera en concert le 2 juin au Bataclan.

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Blu Samu, à vif: l’art de dénouer ses identités avec «(K)not»

3/24/2026
Blu Samu s’impose comme l’une des voix les plus singulières de la scène belge actuelle. L'artiste caméléon publie son premier album (K)not (« nœud », en français) le 20 février 2026, et signe d’emblée une œuvre dense et habitée. Blu Samu, de son vrai nom Salomé dos Santos Ataide Magalhaes, revendique ses racines portugaises et les place au cœur de son récit. Rappeuse, chanteuse et autrice, elle construit depuis dix ans un univers personnel, traversé par un parfum de saudade et nourri d’une quête identitaire constante. Fille d’une mère portugaise, élevée dans la religion catholique, elle a grandi en chantant le dimanche dans son village du nord du Portugal. Autodidacte, elle apprend seule, affine son écriture et impose progressivement une signature sonore insaisissable. Sur « Move » (« bouge », en français), elle adopte le portugais pour dire l’urgence de quitter l’inertie en exprimant un besoin viscéral de mouvement et glisse, au passage, une pique acérée à l’adresse des filles lisboètes. Le morceau agit comme un manifeste de refus de l’immobilisme, de l'affirmation de soi et de la tension permanente entre deux cultures. Avec (K)not, Blu Samu livre un album conçu comme une suite de confessions. Chaque titre expose des fragments d’intimité, entre doutes, hésitations et tiraillements liés à sa double appartenance. L’écriture reste directe, parfois à vif. L’émotion affleure sans pathos. La lumière surgit par moments. « Breakfast » incarne cette respiration. Le morceau, solaire et léger, ouvre une parenthèse presque apaisée, comme une fenêtre entrouverte sur un matin ordinaire autour d'un café. Musicalement, Blu Samu brouille les frontières. Elle mêle pop, rap, électro, soul et jungle, tout en laissant affleurer des accents de fado. L’album serre le cœur sans jamais brider l’élan créatif. Blu Samu (K)not (Animal63) 2026 Au Point Éphémère à Paris et 5 juin au festival We Love Green 2026. Facebook / Instagram / YouTube

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Pas de retour au foyer pour Tinariwen, mais un retour aux sources dans «Hoggar»

3/19/2026
Après quarante-cinq ans de carrière et des concerts tout autour du monde, c'est toujours chez eux, dans le désert qui borde Tamanrasset, que les membres de Tinariwen se sentent le mieux. Ce vendredi 13 mars, le groupe a dévoilé son dixième album, Hoggar. Un disque qui revient aux sources de l'assouf, sans faire de concessions aux influences venues d'autres musiques. Comme tous les Touaregs, les membres de Tinariwen ont le mal du pays. Leur dixième disque, Hoggar, est un vibrant cri du coeur en ce sens - et cela commence dès le titre, puisque le Hoggar, c'est le massif de montagnes désertique qui borde Tamanrasset en Algérie, « un lieu emblématique pour la communauté keltamsheq », martèle Abdallah Ag Al Hosseini, l'un des membres fondateurs du groupe. Retour aux sources musical Sur leur précédent disque, enregistré à Nashville, Tinariwen s'était laissé tenter par des influences country. Cette fois, les intentions sont claires : « on voulait vraiment plonger profondément dans les sources, la musique touarègue authentique, » raconte Abdallah Ag Al Hosseini. « La musique touarègue n'est plus écoutée seulement par les touaregs, elle devient universelle. Alors parfois, on essaie d'autres influences. Mais nous, on voudrait toujours garder un lien avec chez nous. » Saddam, l'un des membres fondateurs d'Imarhan, qui pose sa guitare sur plusieurs pistes de l'album, abonde : « C'était amusant d'essayer d'ajouter de la musique électronique avec Essam [le dernier album d'Imarhan, ndlr]. Mais faire du blues touareg 100%, ça permet aussi de garder un équilibre.» Hoggar fait donc la part belle aux essentiels de l'assouf : beaucoup de guitares - sèches autant qu'électriques -, des chorales, des rythmes marqués par les claquements de main... le tout, directement dans l'ambiance sèche et venteuse de Tamanrasset, où le disque a été enregistré. « ​​​​​​​Quand tu enregistres chez toi, ça change tout, estime le cofondateur du groupe. Lorsqu'on fait un album à Paris, ou aux Etats-Unis, on a un temps limité, il faut que tout soit prêt rapidement. Quand tu es à Tamanrasset, tu peux attraper tout le monde, les copains... c'est très différent. » Passage de témoin Si le groupe revient aux essentiels, il ne se renferme pas sur lui-même pour autant. Au contraire, jamais Tinariwen ne s'est autant ouvert à de nouvelles voix - peut-être parce qu'après 45 ans de carrière, et alors que certains membres approchent des 70 ans, il est temps de passer le témoin à la nouvelle génération. Avec la présence sur le disque de Saddam d'Imarhan, et de Liya Ag Ablil - qui n'avait pas chanté avec le groupe depuis 25 ans -, toutes les générations du blues touareg sont réunies sur un même album. Des jeunes femmes aussi sont présentes sur le disque - « ​​​​​​​certaines sont venues au studio pour voir comment ça se passait, raconte Saddam, et elles ont essayé de chanter pour la première fois ! » - à la fois dans les choeurs et dans ce titre partagé avec la chanteuse soudanaise Sulafa Elyas. Abdallah Ag Al Hosseini : « ​​​​​​​dans la musique touarègue, le rôle des femmes est très important. Donc il faut bien se rendre compte que, s'il n'y a pas de femmes sur un disque d'assouf, ce n'est pas un choix. » Le mal du pays Les membres de Tinariwen n'ont pas eu d'autre choix, non plus, que de s'installer à Tamanrasset et d'enregistrer dans le studio Aboogi d'Imarhan. Le groupe a été chassé de sa région de l'Azawad - le nom que la communauté keltamasheq donne au nord du Mali - par l'insécurité dans la zone. Une situation que le groupe dénonce sans fard dans l'album, notamment avec la chanson « Aba Malik », frontalement opposée aux mercenaires du groupe Wagner. « Ils font ce qu'ils veulent dans la région, ils chassent les gens, ils tuent des gens, des animaux, accuse Abdallah Ag Al Hosseini. C'est une catastrophe.» Sur ce disque, comme sur les précédents, il est donc question d'exil, d'errance, de nostalgie du pays. Hoggar signe donc ce qui, dans ces conditions, ressemble le plus...

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